Les déferlantes de Claudie Gallay

Publié le par Aurore


Une histoire de bout du monde: La Hague. La mer, comme les hommes qu'elle voit naître et emporte, est dure. Elle frappe la grève, les volets, et la Griffue, cette maison bâtie sur une langue de terre, dans laquelle cohabite Morgane et Raphaêl, frère et soeur, et la narratrice. Nouvelle arrivée sur ces terres pour fuir son chagrin, elle partage son temps entre ses relevés ornithologiques pour le centre de Caen, et les habitants du village dont elle découvre peu à peu l'histoire. Lili, femme blessée et serveuse au café. La mère prostrée, qui sert son sac contre son ventre et se raccroche au passé.  Théo, ancien gardien de phare, est toujours éperdu d'amour pour la vieille Nan. Nan, à moitié folle, qui parcourt la plage les jours de tempête avec l'espoir que la mer lui rendra ceux qu'elle a emporté, et qui coud les linceuls. Le quotidien de ces gens simples est bousculé le jour où Lambert, un enfant du village, réapparaît pour mettre en vente la maison de ses parents. Le passé ressugit, et les taiseux se livrent, les histoires se recontruisent, les douleurs s'apaisent...

Des phrases courtes comme la mer qui reflue. Et si peu de paroles échangés entre ces hommes pour en dire autant. Et pourtant, les personnages ne se livrent pas à l'introspection, et  Claudie Gallay évite le récit trop intimiste qui pèse parfois, c'est à travers les silences que l'ont découvre les personnages. Tout se passe au son du vent: un beau rythme, des mots choisis, des dialogues qui tournent souvent courts faute à ses personnages de savoir parler. L'auteur nous entraîne parmi ces simples, car bien sûr, l'on veut en savoir plus.



Les déferlantes de Claudie Gallay, Le Rouergue, 2008

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Tioufout 15/06/2010 23:02



J'ai bien aimé ce livre; j'ai été déçu par sa fin un peu trop prévisible.