Wu Ming ou l'écriture collective à l'italienne

Publié le par Aurore


La Wu Ming fondation: Kesako?

"En 1994, partout en Europe, des centaines d'artistes, activistes et auteurs de canulars choisissent d'adopter la même identité. Ils se rebaptisent tous Luther Blissett et s'organisent pour déclencher l'enfer dans l'industrie de la culture. Il s'agit d'un plan quinquennal. Ils vont travailler ensemble pour raconter au monde une grande histoire, créer une légende, donner naissance à un nouveau type de héros populaire.
En janvier 2000, au terme du Plan, certains d'entre eux se réunissent sous le nouveau nom
Wu Ming
.
Ce dernier projet, bien que davantage tourné vers la littérature et la narration au sens strict, n'est pas moins radical que le précédent
."

(Source: http://www.wumingfoundation.com/italiano/francais_direct.htm)


Collectif réunissant à partir de 2000 cinq auteurs italiens, Wu Ming est farouchement dissident, politiquement incorrect, et volontairement engagé. Wu Ming est une expression chinoise qui peut signifier selon les intonations "sans nom" ou "cinq noms", et le collectif signale par ailleurs qu'il s'agit aussi d'un hommage aux dissidents chinois qui réclament la démocratie et la liberté d'expression.

Auteurs réunis sous une même bannière donc, les Wu Ming écrivent aussi chacun de leur côté, et gardent alors la signature Wu Ming assortie d'un numéro..Composé au départ de Roberto Bui (Wu Ming 1), Giovanni Cattabriga  (Wu Ming 2), Luca Di Meo  (Wu Ming 3), Federico Guglielmi (Wu Ming 4) et Riccardo Pedrini (Wu Ming 5), le groupe est devenu quartet  en 2008 avec le départ de Luca Di Meo.

Pleins d'humour (voir leur site), Wu Ming est l'objet de  nombreuses rumeurs, ou plus exactement de nombreux fantasmes (prête-nom, anarchiste, coupable de violence... la liste semble longue). Il faut dire que leur philosophie est à contre courant des standards commerciaux et capitalistes, ainsi, leurs livres portent en exergue un copyleft:
« La reproduction totale ou partielle de l'œuvre ainsi que sa diffusion par voie télématique sont autorisées, sous condition de fins non commerciales et de reproduction de la présente mention. »
Loin des copyrights à l'américaine, isn't it?

Quoiqu'il en soit, ce Manituana commence fort bien: une plongée dans les guerres indiennes à la sauce italienne, une saga historique qui est prévue pour inaugurer un tryptique. A noter qu'un label indépendant, Casonica, propose une bande son possible au roman (dont certains morceaux sont gravement hallucinants et non sans rappeler des Buckethead ou Patton).

A découvrir en librairie le 20/08/09.

Aussi disponible en France:
# L'oeil de Carafa de Luther Blissett au Seuil (2001)
# New thing de Wu Ming 1 chez Métailié (2007)
# Guerre aux humains de Wu Ming 2 chez Métailié (2007)



Publié dans Bric à Blog

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