Fuck America d'Edgar Hilsenrath
Jakob Bronsky est un nouvel émigré aux Etats-Unis.Le 10 novembre 1938, son père avait écrit au consul des général des Etats-Unis d'Amérique: les synagogues brûlent, il y a urgence, il faut émigrer au plus vite...
Certes, certes, mais les quotas, cher Monsieur Bronsky répond le consul...
Et c'est dans les années 50 que la famille obtient ses billets, et à ce moment, il est trop tard.
Jakob traîne de petits boulots en jobs miteux, de ruelles crasses en chambres infestées de cafards, il traîne entouré par des déracinés, qui comme lui trouvent refuge à la cafétéria juive et tentent de renouer avec leurs vies, avec leur langue. Il écrit Le branleur: l'histoire de sa vie, enfin celle du premier Jakob Bronsky. Car "Il y a eu deux Jakob Bronsky [...] Le premier Jakob Bronsky, mort avec les six millions, et l'autre Jakob Bronsky, celui qui a survécu aux six millions". Il fantasme sur le cul des secrétaires de direction, calme ses ardeurs sous une douche froide, s'interroge sur les apparences et les faux-semblants qui font la vie américaine. Jakob déclare qu'il a 27 ans, on lui en donne 40 au bas mot...
Grincant, drôle, méchant et largement autobiographique, Fuck America raconte les errances de l'alter ego d'Hilsenrath sans complaisance mais avec une gouaille déléctable: il porte sur lui-même un regard dur mais pourtant compatissant. Ca se lit avec plaisir telle une petite fugue qui mélange rêve et réalité: des dialogues imaginés avec une star du petit écran aux horreurs du ghetto et de la shoah, le style et le rythme rappellent ceux d'autres auteurs mythiques (Roth, Bukowski, Fante...). A découvrir!
Fuck America d'Edgar Hilsenrath, Attila, 2009
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