Seul le silence de R.J. Ellory

Joseph Calvin Vaughan a 12 ans en 1939. Douze ans quand son père meurt, qu'il se retrouve seul avec sa mère dans la petite ville d'Augusta Falls, en Géorgie. Douze ans quand sa vie bascule, et que les morts s'enchaînent, et que chaque plume d'ange annonce un nouveau meurtre, une nouvelle fillette à laquelle un monstre à arracher la vie. Joseph tente de grandir malgré la psychose ambiante, mais se retrouve vite acculé le jour où il découvre un nouveau corps. Dès lors, il décide avec une bande de gamins aussi apeurée que lui de fonder Les anges gardiens et de veiller sur les autres enfants. Hélas, l'horreur ne s'arrête pas et Joseph sera longtemps poursuivi par le poids de sa culpabilité, de sa honte à n'avoir rien pu faire.
Seul le silence est un polar à tendance autobiographique puisqu'on y suit Joseph de l'enfance à l'âge adulte, et que l'on partage avec lui le poids des remords et de la peur. La grandeur de ce roman tient d'ailleurs plus à sa construction qu'à son suspens, car en fait de suspens, l'on apprend bien vite que le tueur finira dans le viseur de Joseph et Seul le silence n'est pas, absolument pas un enième polar sur les serial killers. Ici pas de description macabre (et bien souvent gratuite). Ici pas de psychologie à deux francs six sous.
Car à bien y réflechir ce premier Ellory tire plus du côté roman traditionnel que du côté roman policier, et ce malgré son intrigue. Autour de la vie de Joseph, Ellory construit un grand roman américain: petite ville aux mentalités étriquées, dérive des hommes, passions interdites, fresque historique, tout y est, y compris l'artiste qui devra extirper de lui son chef d'oeuvre.
Tout y est mais rien ne sonne faux ou ressassé.
Tout y est mais tout est nouveau, l'écriture est splendide, la minutie apportée à construire cette histoire est épatante.
Tout y est et nul doute qu''Ellory est un grand. Et dire que ce roman est le premier, c'est à peine croyable.
Ce sont eux qui m'ont convaincu de le lire:
Ys l'a trouvé "Proprement époustouflant", un véritable coup de coeur!
Pierre trouve que "L’écriture est digne des plus grands auteurs américains."
Jean-Claude salue "la prouesse de l'auteur, qui a su préserver une tension narrative intacte en tenant secret le nom du coupable jusqu'à la dernière page".
Une révélation littéraire pour Delphine!
Jean-Marc estime que les thématiques sont traitées "avec finesse et beaucoup d’empathie, qui donnent une tonalité à la fois sombre et très émouvante à ce beau roman noir."
Seul le silence de R.J. Ellory, Sonatine, 2008
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