La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao de Junot Diaz

Publié le par Aurore


La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao... Un simple roman? Entre fresque historique, peinture politique, sage familiale, références hallucinantes et hallucinées, jeu de langue mêlant tout à la fois argot américain et hispano, verlan... on s'interroge.

Côté saga familiale, c'est trois génération de dominicains que Junot Diaz présente en partant d'Oscar, qui n'a de Wao que le surnom. Oscar qui dans sa tendre enfance, c'est à dire avant ses 7 ans, était le parfait mâle dominicain, bourreau des coeurs depuis l'école maternelle, si guapo que toutes les femmes en tombaient. Mais le temps a passé, et Oscar est devenu un gros tachon au ventre mou, fan de Role play, de Star Trek, et d'anim' japonais. Un tachon de 140 kilos, toujours puceau à 18 ans, ce qui est un exploit dans le plus mauvais sens du terme quant on est dominicain. Incapable de parler aux femmes, Oscar est pourtant un véritable coeur d'artichaud, et va de chagrin d'amour en chagrin d'amour. Autour de lui gravite les femmes de sa famille: Lola sa soeur écrasée par sa mère Beli, et La inca, la abuela restée au pays. A travers cette famille, Junot Diaz retrace l'histoire d'un pays marqué par le fukù, le mauvais oeil, qui frappe aussi la famille Cabral depuis que le père de Beli a "défié" el jefe. El jefe c'est Trujillo le dictateur dominicain qui a mis le pays à feu et à sang entre 1930 et 1961, Trujillo, coureur de jupon invertéré, qui a jeté son dévolu sur la fille aînée des Cabral, attirant sur eux le fukù...

Le roman est agencé autour d'un choeur de narrateurs qui chacun apportent leurs pierres à l'édifice de Junot Diaz: Le surnommé Yunior, petit ami de Lola et compagnon de chambré d'Oscar, Lola, Beli, La inca... Une véritable polyphonie qui reconstruit l'histoire d'une famille, d'un pays, d'une diaspora. Et si le ton est volontairement léger, sarcastique à souhait, le sujet est sombre, très sombre: pauvreté, violence, La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao est un univers sombre et cacophonique. Si dense, que lorsqu'il rebondit d'un pays à un autre, d'une misère à une autre, le lecteur peut se croire égaré. Et
c'est étourdi que le lecteur refermera le livre. Et si au départ, les notes de bas de pages étonnent, voire irritent par leur longeur peu commune, on sent bien vite qu'il s'agit là d'un roman à deux vitesses: la vie telle qu'elle se passe et les réflexions ironiques telles qu'elles nous viennent, car il faut bien avancer dans notre histoire. Un peu comme dans la vraie vie, non?!coup-de-coeur








La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao
de Junot Diaz, Plon/Feux croisés, 2009
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N
Beaucoup aimé ce roman, aux divers styles d'écriture, selon le narrateur. Un peu d'humour, et des passages très durs sur la dictature de Trujillo. A lire, vraiment.
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A
<br /> <br /> J'ai appris beaucoup de choses sur cette période de l'histoire dominicaine, c'est très intéressant de ce point de vue là... Et l'écriture de Junot Diaz est<br /> hallucinante (une fois passé les premiers instants un peu déconcertants dus entre autre aux notes de bas de pages très longues et au style très "punchy"). Oscar Wao est une de mes meilleures<br /> lectures et découvertes de l'année!!<br /> <br /> <br /> <br />
S
Bienvenue dans la communauté "A nous les livres!"<br /> Ravie de vous accueillir et j'ai hte de reevoir vos article pour faire découvrir aux autres membres vos lectures et coup de coeur!<br /> (J'aime beaucoup la bannière de votre blog)<br /> A bientôt!
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C
Un bouquin qui décroche, scratche et ....
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